En sanctuarisant des ressources pour automatiser ses opérations, et en augmentant son PSA à l’IA, MSP amiénois Manaps a sensiblement amélioré sa rentabilité. Le point de départ d’une nouvelle phase de développement qui doit porter son chiffre d’affaires de 2,2 à 5 M€ à cinq ans.

Créé en 2015 directement sur un modèle fournisseur de services managés, Manaps commence à récolter les fruits du travail engagé depuis deux ans pour automatiser davantage ses opérations. « L’automatisation est la clé de voûte de la rentabilité d’un MSP car elle permet faire progresser moins vite que les effectifs techniques que le nombre de clients », estime son cofondateur Nicolas Zedde (photo).

Le principal changement a été organisationnel. Manaps a fait le choix de dégager du temps à l’un de ses collaborateurs pour lui permettre d’analyser les causes récurrentes de sollicitation du support : pourquoi tel type de ticket revient-il régulièrement ? Peut-il être traité automatiquement ? Et surtout, est-il possible d’agir en amont pour éviter qu’il soit généré ?

Autotask comme « source de vérité »

Pour cela, Manaps s’appuie en premier lieu sur son PSA Autotask. Celui-ci centralise les tickets, leur catégorisation, les contrats et les workflows et fournit les données nécessaires au pilotage de l’activité. Ses tableaux de bord permettent notamment d’identifier les clients qui génèrent une charge disproportionnée ou dont la rentabilité s’écarte des objectifs, puis d’en rechercher les causes.

Manaps se concentre sur deux niveaux d’automatisation : la résolution d’incidents et surtout les actions préventives. En complément des workflows d’Autotask, le MSP a installé un serveur exécutant des modèles d’IA locaux pour des tâches de triage ou de qualification automatique des tickets. Grâce à ce système, Manaps a repris et catégorisé (en une journée) l’ensemble des tickets ouverts au cours de ses dix années d’existence.

L’entreprise reste toutefois prudente sur les agents autonomes, estimant ne pas disposer encore des garde-fous suffisants pour leur confier des actions sensibles.

Une profitabilité record en 2025

Ces efforts sur l’automatisation et la proactivité commencent à produire leur effet. L’exercice 2025 s’est achevé sur un chiffre d’affaires proche de 2,2 M€ (en croissance de 26 %), avec un niveau de profitabilité record. Cette progression a toutefois été fortement amplifiée par une activité de vente de matériels exceptionnelle, portée par les renouvellements de PC liés à Windows 11 et au cycle de remplacement des équipements acquis pendant le Covid.

Les services managés, au cœur du modèle de Manaps, ont néanmoins progressé d’environ 20 % en 2025 (contre environ 180 % pour le matériel). Sur le premier semestre 2026, Manaps estime la croissance des services managés à environ 15 %. En revanche, le négoce est en net reflux, ce qui devrait conduire à une croissance beaucoup plus modeste du chiffre d’affaires total en 2026, de quelques pourcents seulement, mais avec un mix plus favorable aux services récurrents et donc à la marge.

Objectif 5 M€ sans dégrader le modèle

L’entreprise ambitionne désormais utiliser les gains d’efficacité obtenus pour changer d’échelle. Elle a rejoint cette année l’Accélérateur Croissance Bpifrance Hauts-de-France, dans le cadre duquel elle travaille notamment sur son développement commercial et son excellence opérationnelle.

Manaps vient ainsi d’engager l’élaboration d’un plan de développement à cinq ans avec un objectif fixé à 5 M€ de chiffre d’affaires. Le MSP entend notamment renforcer ses moyens commerciaux – aujourd’hui limités à environ une personne et demie sur un effectif de 13 personnes – et étendre progressivement sa présence géographique.

Nicolas Zedde insiste sur sa volonté de ne sacrifier ni la qualité de service ni le modèle social développé par l’entreprise, qui fonctionne notamment sur une semaine de quatre jours et 32 heures et redistribue 30 % de ses bénéfices sous forme d’intéressement.