La posture actuelle des géants de l’IA pourrait se résumer à « Retenez-moi ou je fais un malheur ! ». Tels des pompiers pyromanes, les CEO d’Anthropic, OpenAI et xAI, veulent eux aussi, à l’instar de leurs employée·e·s, une régulation mondiale pour freiner le développement de leurs intelligences artificielles. Pris dans une course folle et incapables de se modérer d’eux-mêmes, ils appellent les gouvernements à instaurer un cadre mondial de l’IA, similaire à celui régulant le nucléaire, suite aux divers cyber-incidents de l’été, notamment celui relatif à l’intrusion des agents d’OpenAI au sein de la plateforme de Hugging Face.

Dario Amodei, le PDG d’Anthropic, se fend d’un essai de plus de 4.000 mots, daté du 12 septembre 2026, pour suggérer aux gouvernements comment s’y prendre pour se coordonner et instaurer une pause mondiale de 1 ou 2 ans du développement de l’IA dite ‘superintelligente’. En toutes lettres, il craint que « d’ici 6 à 12 mois, des modèles soient capables de prendre le contrôle de l’intégralité d’internet, ce qui pourrait entraîner des centaines ‌de milliards de dollars de dégâts ». Ce plaidoyer fait suite à la publication de son ex-employé, Jacob Coxon, qui a démissionné le 9 septembre, ainsi qu’au récent message du Haut Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme.

Les CEO rivaux Sam Altman et Elon Musk ont immédiatement rebondi sur la publication de l’essai de Dario Amodei pour se dire prêts à le suivre et lever le pied.