Ingram Micro a publié le 30 juillet les comptes de son deuxième trimestre fiscal, clos le 27 juin. Le distributeur réalise 14,5 milliards de dollars de chiffre d’affaires net, en hausse de 13,6 % (12,6 % à taux de change constants), au-delà du haut de ses prévisions. C’est son meilleur deuxième trimestre et son septième trimestre consécutif de croissance.

Le profit brut atteint 959 millions de dollars (+14,2 %), l’EBITDA ajusté 355,8 millions (+21 %) et le bénéfice par action non-GAAP 0,82 dollar (+34 %). Les charges opérationnelles reculent à 4,97 % du chiffre d’affaires, contre 5,44 % un an plus tôt. La publication prolonge un premier trimestre déjà à deux chiffres.

Une marge diluée par les deals GPU

La marge brute consolidée ressort à 6,60 %, en progression de 4 points de base seulement. Mais le directeur financier Mike Zilis en a donné la décomposition en conférence analystes : les ventes de GPU et d’infrastructures d’IA ont plus que doublé sur un an, et une fois ces transactions retirées du calcul, la marge brute atteint 6,90 %, soit plus de 20 points de base au-dessus du niveau comparable de 2025.

Autrement dit, le cœur de métier du distributeur dégage une meilleure marge qu’il y a un an. C’est le fulfilment de gros deals d’infrastructure IA, peu margés mais peu coûteux à servir, qui tire la moyenne vers le bas.

Même effet sur la géographie. L’Amérique du Nord ne progresse que de 6 %, à 5,3 milliards, et l’EMEA de 7,7 %, à 3,7 milliards. L’Asie-Pacifique bondit en revanche de 27,1 %, à 4,4 milliards, portée par les chantiers de datacenters d’IA, et devient la deuxième région du groupe.

527 millions de dollars partis en stock

Le chiffre le plus parlant pour le channel est ailleurs : le cash-flow libre ajusté du trimestre est négatif de 527 millions de dollars. Non pas à cause d’un accident opérationnel, mais d’un stockage délibéré, constitué en anticipation des hausses de prix et des tensions d’approvisionnement.

Ingram Micro chiffre d’ailleurs l’effet inflation : hausses de prix moyens, commandes anticipées et allongement des délais ont contribué pour 2 à 3 points à la croissance du trimestre, et le groupe attend un effet comparable au troisième. Un ordre de grandeur cohérent avec celui avancé par TD Synnex, dont le directeur Advanced Solutions France chiffrait à environ deux points la part de l’inflation dans sa croissance de 31 %.

Xvantage passe le cap des chiffres

La plateforme est déployée dans 22 pays, où elle traite environ 75 % du chiffre d’affaires. Le panier moyen y progresse de 12 %, le revenu par client de 23 %, et Paul Bay affirme que les affaires qui y transitent se concluent quatre fois plus souvent que les autres. L’assistant maison IDA a généré près d’un milliard de dollars sur le trimestre. Ingram Micro y a par ailleurs ouvert un accès MCP, pour que les agents d’IA de ses clients interrogent directement ses données et ses workflows.

Pour le troisième trimestre, le distributeur vise 13,55 à 13,95 milliards de dollars, soit une croissance de 7,5 % à 10,7 %. En retirant l’effet prix attendu, la progression en volume devient nettement plus modeste.