La Banque des règlements internationaux (la BRI), l’institution qui fait office de banque centrale des banques centrales du monde entier, avertit dans son rapport annuel que la frénésie actuelle des dépenses en infrastructures d’IA pourrait déboucher sur une récession mondiale. 

Elle établit des parallèles explicites avec deux des bulles spéculatives les plus spectaculaires de l’Histoire : celle des chemins de fer, aux alentours de 1800, et celle de la fin de l’ère des dot-com à la fin des années 1990.

Rien qu’en 2026, les dépenses en infrastructures d’IA des cinq plus grands hyperscalers dépasseraient les 1.000 milliards de dollars. La BRI souligne que les entreprises du secteur de l’IA – en particulier les cinq plus grands hyperscalers étatsuniens – dépendent de plus en plus de financements non bancaires.  A tel point que la fin de la bulle spéculative liée à l’IA pourrait être plus destructrice que les deux crises historiques sus-mentionnées par la BRI. 

En effet, explique la BRI, « lorsque les cours boursiers intègrent des anticipations de rendements révolutionnaires qui ne se sont pas concrétisés, même de légères déceptions peuvent déclencher d’importantes vagues de ventes et un krach prolongé ».

Le rapport fait également état de craintes concernant la disponibilité de l’électricité, la pénurie de puces et les goulots d’étranglement au niveau du raccordement au réseau. Il rappelle que les centres de données dédiés à l’IA exercent déjà une pression sur les prix de l’énergie et les coûts des intrants, avec « des répercussions potentielles sur l’inflation ».