Les Françaises demeurent aussi sous-représentées dans la tech en 2026 qu’en 2025, selon la 5ème édition du baromètre SheLeadsTech sur la parité hommes-femmes dans les métiers de l’IT en France. Cette étude, menée par les associations Isaca-Afai et Femmes@Numérique, révèle que moins de 29% de femmes travaillent dans la tech en France aujourd’hui. 11% constituent les équipes de développement. 22% seulement de femmes occupent des postes dans l’IA et les data sciences et 18% des postes de direction. On ne retrouve que 17% d’étudiantes dans les formations TIC et moins de 10% d’équipes fondatrices 100% féminines dans la French Tech.

Pourquoi est-ce problématique ? Car « ceux qui conçoivent fixent les règles tandis que ceux qui n’y sont pas deviennent des cas d’usage », rappelle Elisabeth Moreno, cheffe d’entreprise, membre du board DEI Sanofi et ancienne Ministre Egalité, Diversité.

Ainsi, en matière d’IA générative, il est désormais avéré que les modèles entraînés par des équipes peu diversifiées reproduisent et amplifient les stéréotypes. L’intelligence artificielle générative hérite des biais humains en amplifiant les discriminations structurelles.

La cause majeure de cette stagnation de la mixité dans les métiers de l’IT en France, selon l’étude, est l’effet d’entraînement de la politique menée par l’administration Trump aux Etats-Unis. Dans sa feuille de route de stratégie de sécurité nationale, il est clairement écrit : « Les Etats-Unis souhaitent éliminer les pratiques dites D&I (Diversité et Inclusion) ». Nombreuses sont les filiales françaises des multinationales étasuniennes qui se sont alignées sur cette politique. Gina Gullà-Menez, administratrice d’Isaca France et de l’Université Paris-Saclay, affirme que « plus largement, les entreprises européennes, dont le marché américain constitue un axe stratégique majeur, tendent également à adopter les mêmes orientations, afin de préserver leur compétitivité, leur attractivité auprès des investisseurs et clients américains ». 

Et Gina Gullà-Menez d’ajouter : « Ne pas importer aveuglément les reculs internationaux est un acte de souveraineté ». 

Le baromètre propose plus d’une centaine de bonnes pratiques pour favoriser la mixité dans la tech tout en constatant que le bon vouloir ne suffit pas dans l’entreprise. En effet, en 2026, les maigres évolutions en matière de parité sont davantage le fruit de la mise en oeuvre d’un cadre réglementaire, comme la directive européenne sur la transparence salariale, plutôt que de nouvelles initiatives. 90% des entreprises du panel affirment s’être conformées à cette directive européenne. En outre, 9 entreprises sur 10 interrogées revendiquent désormais disposer de mécanismes internes de prévention des violences sexistes et sexuelles et de traitement du harcèlement, après s’être conformées aux obligations légales.