Fondée en 2017, l’agence de développement web et mobile Galadrim se distingue par le rythme de sa croissance. Partie de zéro en 2017, l’entreprise a atteint les 15 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025 – uniquement en organique – avec un effectif qui dépasse désormais 150 collaborateurs, dont environ 120 ingénieurs. Et après une année 2025 marquée par un léger fléchissement de sa croissance (+30 % contre +66 % en 2024), celle-ci est repartie depuis début 2026 sur un rythme proche de 50 %, selon Jean Ashton, CEO et cofondateur de Galadrim (à gauche sur la photo). Un succès que ce dernier attribue à la qualité du recrutement de l’entreprise, son agilité opérationnelle, sa montée en gamme continue et sa diversification réussie dans l’intelligence artificielle.
Première recette du succès : son recrutement très sélectif tourné vers les grandes écoles – les deux cofondateurs Jean Ashton et Arnaud Albalat, sont issus de l’École polytechnique – et la compétence technique. Jean Ashton souligne que cet élitisme n’est pas seulement un argument commercial, elle constitue aussi un levier de rétention et d’émulation : « les profils doués attirent d’autres profils doués pour progresser ». Deuxième recette, une méthode de travail agile avec des équipes légères, des contacts directs et fréquents avec les clients.
Mais c’est surtout avec l’IA générative que Galadrim a changé de dimension. Alors que l’entreprise disposait déjà d’une offre d’accompagnement en IA avant le lancement de ChatGPT mais sans réelle traction, la demande a décollé début 2024. Un CTO IA et un commercial ont été recruté, et en un an, l’activité IA est passée de zéro à 2 millions d’euros de chiffre d’affaires. Aujourd’hui, le pôle IA compte une trentaine d’ingénieurs et pèse à lui seul, un quart des facturations.
Jean Ashton souligne toutefois que la place de l’IA dans l’entreprise dépasse déjà ce périmètre. Elle s’invite désormais dans les projets applicatifs eux-mêmes, un continuum se formant entre les projets applicatifs et les projets IA. L’IA devient un levier irriguant progressivement toute la production de Galadrim. Jean Ashton insiste, témoignages clients à l’appui, sur le fait que c’est la capacité de l’agence à générer un retour sur investissement tangible avec l’IA qui explique sa montée en puissance rapide.
Fervente utilisatrice d’outils comme Cursor, Cloud Code et Codex d’OpenAI, ainsi que des modèles Opus 4.6 d’Anthropic et Gemini 3.1 Pro de Google, Galadrim n’impose toutefois aucun outil en particulier à ses développeurs. Chacun d’eux dispose de 100 euros par mois en crédits LLM pour choisir les services qu’il estime les plus performants. Une manière pour l’entreprise de suivre un marché en mouvement permanent et rester au plus près de l’état de l’art.
À noter que cette montée en puissance de l’IA change en profondeur le métier de Galadrim : les développeurs sont passés du code au prompt, leur rôle se bornant à rédiger en langage naturel le travail qu’ils souhaitent que la machine effectue, à relire, à corriger et à valider. En filigrane, c’est toute l’organisation du travail qui évolue, avec des frontières devenant de plus en plus poreuses entre développeurs, chefs de produit et designers, et une nécessité croissante d’adapter la formation des équipes.
Cette poussée dans l’IA s’inscrit dans une ambition plus large de Galadrim de devenir un “one stop shop digital de référence” en Europe. Déjà positionnée sur le développement applicatif web et mobile ainsi que sur l’IA, l’entreprise veut désormais élargir son périmètre à la cybersécurité et au DevOps/Cloud. Et de développeur pur, l’entreprise commence à étendre son périmètre en développant un partenariat avec Salesforce autour de sa plateforme d’agents IA Agentforce.
À cette stratégie de diversification s’ajoute une aspiration géographique visant à s’imposer à l’échelle européenne. Galadrim a engagé son déploiement européen avec une implantation récente en Espagne, une présence en Suisse, de premiers pas au Royaume-Uni, et des projets en Italie et en Pologne.