La maire d’Etrechet et trois adjoint·e·s viennent de démissionner pour protester contre le projet d’implantation d’un hyperscaler de Google dans leur commune située au sud-est de Châteauroux (36). Ce projet de datacenter géant comprend 10 bâtiments sur une superficie d’environ 200 hectares dans la zone d’activité d’Ozans. Il devrait nécessiter une puissance électrique monumentale de plus de 500 mégawatts à terme.
« Je suis arrivée à la conclusion que différents éléments de ce projet méritaient un engagement précis de la part des porteurs de projets : nuisances visuelles, PFAS, dévalorisation des habitations, trafic routier », écrit Florence Laurent, la maire d’Etrechet. Elle précise démissionner car elle estime que ses interrogations n’ont pas été prises en compte. Les élu·e·s se sont fendus d’une lettre ouverte, datée du 14 septembre 2026, qui dénonce « un manque de transparence » autour d’un projet « démesuré » qui « avance sans que la commune la plus directement concernée ne dispose d’aucun moyen réel d’en infléchir le cours, ni d’en garantir la transparence ».
Ce projet est porté par Tricolore Computing, filiale de Google en France, et soutenu par Châteauroux Métropole. L’investissement annoncé est de 58,5 millions d’euros pour l’acquisition du foncier. Pour Gil Avérous, le président de Châteauroux Métropole, il n’est pas question de revenir sur un projet qui fait partie des 35 grands datacenters annoncés par Emmanuel Macron en février 2025.
« On essaye de nous faire croire à un miracle économique et financier qui ferait que si on n’adhère pas à ce projet on est responsable de la mort du territoire », affirme Marie-Pierre Chabenat-Canals, une adjointe de la commune d’Etrechet. « Nous avons le sentiment d’être dans une réserve indienne sur laquelle on va monter des projets, mais où les habitants n’ont pas leur mot à dire ». Les élu·e·s démissionnaires veulent susciter un élan pour que d’autres se mobilisent. A ce sujet, un collectif baptisé Ozans dire non, constitué de citoyen·ne·s opposées au projet, annonce une nouvelle mobilisation le 17 octobre prochain, rapporte Reporterre.
Plus généralement, de plus en plus de Français·e·s s’opposent à la construction de nouveaux centres de données, comme à Rantigny dans l’Oise, Petit-Landeau en Alsace ou Rovaltain dans la Drôme. Cette tendance s’observe dans le reste de l’Europe et aux Etats-Unis, où 7 personnes sur 10, de tous bords politiques, ne veulent plus d’un datacenter proche de chez elles, selon un récent sondage effectué par Gallup.




