Les embauches en contrat à durée indéterminée (CDI) des jeunes adultes français·e·s ayant entre 21 et 29 ans ont diminué de 28,3% entre novembre 2022 et mars 2026 dans les professions les plus exposées à l’IA générative, selon une récente étude de la Banque de France et du Laboratoire de l’innovation et du futur du travail (LIFT) de l’école de commerce HEC Paris. Cela représente 75.000 CDI en moins sur une année. 

Parmi les domaines les plus touchés par l’IA générative en France, l’étude recense la traduction, l’interprétariat, le traitement de texte, le journalisme, la réalisation d’études économiques, financières ou commerciales et le développement applicatif. En mars 2026, les recrutements en CDI de développeur·se·s et d’ingénieur·e· informatiques âgés entre 21 et 29 ans ont baissé de 42% par rapport à 2022, l’année de lancement de ChatGPT.

Les professions reposant sur la présence physique sont mieux préservées que les autres, à raison d’un recul de seulement 7,5% d’embauches en CDI chez les 21-29 ans.

Résultat : une fois en poste, les jeunes en CDI rechignent à démissionner pour diversifier leur compétences. Les fins de CDI reculent de 23% dans les professions les plus exposées à l’IA, contre 6% dans les moins exposées. Les équipes se renouvellent moins.

« Les salariés en début de carrière subissent l’ajustement le plus fort et l’expérience semble protéger les plus âgés », souligne Antonin Bergeaud, professeur associé d’économie à HEC Paris.

Au final, l’usage de l’IA dans l’entreprise ne détruit pas l’emploi soudainement. En revanche, il freine discrètement mais sûrement l’embauche en CDI en début de carrière et précarise davantage l’emploi des jeunes diplômé·e·s. L’économie réalisée à court terme sur un poste junior se paiera plus tard en manque de profils expérimentés.

Méthodologie

Intitulée « IA générative : les premiers changements du marché du travail sur les jeunes », l’étude de la Banque de France et du LIFT de HEC Paris analyse l’évolution des embauches et des fins de CDI entre janvier 2019 et mars 2026. Elle croise des données administratives sur les mouvements de main-d’œuvre avec une enquête de la Banque de France consacrée à l’utilisation de l’IA générative dans les entreprises françaises.