Après plusieurs années de croissance atone, Alphalink anticipe une forte reprise de sa croissance en 2027. L’opérateur télécoms espère récolter les fruits de trois années de R&D investies dans l’élargissement de son catalogue dans la cybersécurité, les communications unifiées, la mobilité, l’hébergement et l’intelligence artificielle.

La principale nouveauté est la création d’un département dédié à l’IA. Déjà opérationnel, il est doté d’une dizaine de spécialistes qui travaillent au développement de solutions destinées à ses partenaires.

Cette diversification dans l’IA s’inscrit dans la continuité des métiers historiques de l’entreprise, selon Alexandre Nicaise, dirigeant d’Alphalink. « L’IA requiert de l’hébergement à haute densité, des capacités réseau et une bonne maîtrise des questions de sécurité et de souveraineté, expose-t-il. Autant de domaines dans lesquels Alphalink se sent légitime ».

« On a tous les atouts pour devenir un acteur crédible de l’IA », souligne Alexandre Nicaise. Outre le réseau d’Alphalink et sa culture de l’open source, il met en avant son centre de données de Courbevoie « capable d’accueillir de la très haute densité » et qui dispose d’une réserve électrique de l’ordre de 10 MW et de plusieurs centaines de mètres carrés de réserve foncière.

Un centre de de données historiquement dimensionné pour des baies d’environ 7 kW qu’Alphalink a entrepris d’adapter à court terme pour accueillir des infrastructures GPU dépassant les 100 kW par baie. L’entreprise entend notamment répondre aux besoins des néoclouds et autres fournisseurs de services IA. En parallèle, l’entreprise a commencé, depuis quelques mois, à investir dans ses propres GPU pour ses besoins internes et ceux de ses clients.

L’ambition d’Alphalink est de développer des solutions d’IA souveraines adaptées aux PME et ETI – un segment de marché que l’opérateur juge insuffisamment adressées par les grands fournisseurs – et d’en faire de nouveaux relais de croissance pour ses partenaires. En lien avec ces derniers, le laboratoire IA de l’opérateur explore plusieurs domaines d’application : l’intégration de l’IA aux services de téléphonie ; les approches de type RAG permettant d’exploiter en local les données internes des clients ; l’optimisation énergétique des bâtiments connectés, la cybersécurité…

Cette offensive s’ajoute aux investissements engagés ces dernières années dans la cybersécurité, avec Palo Alto Networks et Trend Micro, dans les communications unifiées autour de Cisco Webex, dans l’extension de la collecte de numéros téléphoniques à plusieurs pays européens et dans l’enrichissement de ses offres mobiles.

Autre réalisation structurante, sa plateforme Vision qui permet d’agréger et de piloter des liens data multi-opérateurs, en intégrant le routage, les réseaux privés, la qualité de service, la sécurité et la supervision. En simplifiant l’accès à ces technologies, elle a contribué à étoffer le réseau de partenaires d’Alphalink, en faisant passer leur nombre de 200 en 2024 à près de 600 aujourd’hui.

Une partie de ces nouveautés reste toutefois à finaliser. Le calendrier de leur mise sur le marché et leurs modalités de commercialisation devraient être précisés à l’occasion du salon IT Partners, qui se tiendra les 3 et 4 février prochain.

Après un chiffre d’affaires d’environ 62 millions d’euros en 2025, en léger retrait, Alphalink table sur une activité globalement stable en 2026.