Être souverain ne suffit pas pour détrôner une solution qui fonctionne. Frédéric Ferlita, CEO d’AddixGroup, ESN et MSP aixoise d’environ 90 collaborateurs, a bâti son offre souveraine brique par brique, au fil des demandes de ses clients PME et ETI. Mais toute bascule doit passer deux tests : la performance et la maintenabilité.

Chez AddixGroup, la plateforme souveraine n’est pas née d’une intuition marketing. « C’est le contact avec nos clients et les besoins émergents qui nous ont fait construire cette plateforme souveraine, constituée de différentes briques », explique son dirigeant. Chacune de ces briques répond à un besoin précis de l’entreprise, et deux sont aujourd’hui particulièrement demandées. La première porte sur l’intelligence artificielle : comment encadrer et sécuriser son usage au sein de l’organisation. « C’est une brique sur laquelle on est énormément sollicités en ce moment. »

La seconde concerne l’archivage des mails. Des clients découvrent que leur fournisseur ne couvre pas ce qu’ils croyaient acquis : « certaines entreprises se rendent compte que leurs opérateurs historiques ne leur garantissent pas la sauvegarde et l’archivage de leurs mails, encore moins leur rétention. »

Cartographier avant de choisir

Quand un client vient le voir pour acheter souverain, AddixGroup ne commence pas par dérouler son catalogue. Le constat de départ est presque toujours le même : « Ce qu’on constate dans la majorité des entreprises qu’on accompagne, c’est que bien souvent, elles ont une méconnaissance globale de leur système d’information. » D’où un passage obligé par la cartographie, « parce qu’elles ne savent pas nous dire exactement l’état de leur parc, les VM, les firewalls ».

Une fois l’existant cartographié vient l’identification des besoins stratégiques, ou du moins des données sensibles. C’est seulement à partir de là que se définit une trajectoire, et que la question du choix des solutions se pose.

La performance avant le drapeau

Frédéric Ferlita refuse de faire de l’origine un critère suffisant. Une solution en place qui fonctionne ne sera pas remplacée au seul motif qu’une alternative est souveraine : « ça ne suffit pas ». L’offre européenne doit d’abord tenir la comparaison.

Ce que recherchent les entreprises, ce sont des solutions performantes. C’est un point très important : si on n’a pas de solution aussi performante que celle qui existe aujourd’hui chez des acteurs non européens, l’entreprise ne fera pas la bascule.

Frédéric Ferlita, AddixGroup

Le second critère tient au métier même du MSP. AddixGroup opère les solutions qu’il installe, et une brique difficile à maintenir devient vite un problème. « Si on doit galérer avec des solutions difficilement maintenables, vu qu’on opère dans la durée, on va vite être confrontés à des difficultés », prévient-il. D’où sa grille de lecture : « Ces deux paramètres entrent en ligne de compte : la performance de la solution, et sa maintenabilité, son opérabilité dans le temps. »

La certification, une affaire de prestataire

Sur les normes, le dirigeant nuance. Les certifications ISO sont structurantes, reconnaît-il, mais ses clients ont d’autres priorités : « la préoccupation aujourd’hui, c’est de sortir du marasme économique qui nous entoure et de se concentrer sur son activité. » Selon lui, ces PME et ETI n’ont pas encore le niveau de maturité nécessaire pour se lancer dans une certification.

Pour AddixGroup, en revanche, l’exercice a du sens : il permet de mettre à plat les processus, de prendre du recul et de se faire auditer. La société a passé des certifications plutôt RSE et vise désormais la 27001, « parce qu’elle est hyper structurante et que vis-à-vis de nos clients, c’est un gage de maturité important ». Une norme dédiée à la souveraineté, en revanche, ne lui parle « pas du tout ».

Une fois de plus, la souveraineté en tant que telle n’a pas vraiment de sens. Elle a du sens pour augmenter sa résilience.

Frédéric Ferlita, AddixGroup