Sale temps pour les licornes en général et pour Tango en particulier. Co-fondée par le français Eric Setton et l’Israélien Uri Raz, cette start-up basée à Mountain View, à l’origine d’une solution de messagerie instantanée, a rejoint le club des sociétés valorisées plus d’un milliard de dollars en 2014 lorsque Alibaba y a investi 280 millions de dollars. Le Chinois, tout comme l’Américain Walmart, comptaient sur l’application d’e-commerce développée par la start-up pour se démarquer de la concurrence. Basée sur sur la l’apprentissage, la plateforme Tango Shop a fait long feu, le trafic de la messagerie ne suffisant pas à déterminer le profil exact des clients potentiels. En novembre dernier, Tango a dû se résoudre à licencier 9% de son personnel.

Depuis lors, la société, qui revendique 350 millions d’utilisateurs dans le monde, a bien de la peine à ne pas se laisser  distancer par des concurrents tels que Snapchat, Facebook Messenger ou encore WhatsApp, S’ajoutent à cela des relations de plus en plus conflictuelles entre le CEO Uri Raz et les salariés, lesquelles débouchent sur ce que le Silicon Valley Business Journal qualifie “d’environnement de travail toxique”.

Pour calmer le jeu, Uri Raz vient de céder son siège à Eric Setton, qui occupait jusqu’à présent la fonction de directeur technique. “Je travaille avec mon co-fondateur depuis 8 ans; depuis ce temps je l’ai vu mûrir et devenir un vrai leader”, explique dans un communiqué Uri Raz, qui affirme vouloir passer le flambeau à une nouvelle génération (il dirige des sociétés depuis plus de 28 ans) et se consacrer davantage à sa famille restée en Israël. Il conservera toutefois un rôle actif dans la société en tant que président exécutif.

Tango illustre bien la situation délicate dans laquelle se trouvent de nombreuses licornes qui peinent à valoriser leur savoir-faire pour générer des bénéfices. C’est pourquoi les entreprises de venture capital hésitent de plus en plus à y investir;

A en croire une étude de CB Insights, les investissements ont plongé de 30% en valeur et de 13% en nombre au quatrième trimestre par rapport au trimestre précédent. Jamais le nombre d’opérations n’a été aussi faible depuis le 1er trimestre 2013. Par ailleurs, à peine 39 mises de fonds ont atteint 100 millions de dollars au cours de la période, contre 72 précédemment. Enfin, seul 9 entreprises ont rejoint le club des licornes au cours du quatrième trimestre. Elles étaient 23 le trimestre précédent. Plusieurs licornes qui envisageaient une introduction en bourse ont finalement reculé de peur d’être sanctionnées par le marché. Il est vrai que mi-octobre, le Wall Street Journal  affirmait que près d’un quart de celles qui ont tenté l’aventure depuis 2014 on vu leur valorisation baisser. Autre signe qui ne trompe pas, plusieurs investisseurs ont réduit la valeur de leur participation dans ces jeunes pousses ambitieuses. C’est le cas de Fidelity qui avait misé sur Snapchat et Zenefits.