Oracle ne va pas manquer de retailler drastiquement dans les effectifs de Sun. Les salariés français craignent d'être laminés, sachant qu'avant le rachat, on parlait déjà de deux cents suppressions d'emploi.
Ce n'est un secret pour personne : pour que Sun puisse atteindre la marge opérationnelle de 1,5 milliards de dollars qu'Oracle s'est fixé dès la première année, la société devra licencier massivement. Une évidence qui a achevé de démoraliser les salariés français de Sun, comme le confirme une source interne.
Entre 5.500 et 10.000 personnes, soit plus de 30% de l'effectif mondial, pourraient ainsi quitter progressivement l'entreprise pour satisfaire aux objectifs de rentabilité d'Oracle, affirme Tony Sacconaghi, un analyste réputé de la société de conseil en investissement Sanford C. Bernstein & Co. Et encore, ce scénario, qui vise à améliorer la rentabilité de 700 millions de dollars, part de l'hypothèse que les ventes de matériels ne flancheront pas.
Reste à savoir si ces 10.000 suppressions d'emplois s'ajouteront ou non aux 5.000 à 6.000 déjà annoncées fin 2008 et actuellement en cours de mise en œuvre. Dans la première hypothèse, l'effectif de Sun pourrait descendre sous la barre des 19.000 collaborateurs, contre environ 31.000 actuellement.
En France, les chiffres qui avaient commencé à circuler avant même l'annonce du rachat par Oracle, avaient déjà eu un effet fortement démobilisateur. Selon des sources non officielles, la direction envisageait de supprimer près de deux cents postes sur les quelque huit cent cinquante que compte actuellement la filiale française, dont une cinquantaine dans le cadre d'une opération d'externalisation. Dans certains services, notamment marketing et ventes, c'est 40% à 50% de l'effectif qui était concerné.
Mais tout porte à croire que le nombre de suppressions d'emplois va être revu à la hausse en France suite au rachat par Oracle. Déjà on évoque en interne la suspension d'un plan qui n'a même pas encore été officiellement annoncé, pour pouvoir prendre en compte la nouvelle donne. Si la Corp. devait appliquer en France le ratio de suppressions d'emploi que les analystes anticipent dans le monde, ce serait au minimum trois cents cinquante à quatre cents personnes qui pourraient quitter la filiale de Sun à terme.
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