Les licenciements annoncés la semaine dernières par Steve Ballmer relèvent plus d'un gel partiel des embauches que d'un véritable plan de réduction des effectifs. L'éditeur renouvelle 7% de son effectif chaque année.
L'annonce par Steve Ballmer la semaine dernière de 5 000 licenciements chez Microsoft ne serait-elle qu'une opération de communication destinée à rassurer le marché ? C'est en tout cas la thèse de Pascal Vaché, délégué CFTC chez Microsoft France, qui rappelle opportunément sur son blog que les licenciements sont une composante essentielle de la politique de gestion des ressources humaines de Microsoft.
Pascal Vaché constate ainsi que le taux de rupture de contrats est de l'ordre de 7% chez Microsoft France depuis des années. Un taux qui est même grimpé à 11% en 2007 en raison de l'augmentation du nombre de démissions. Les licenciements secs sont compris entre 3% et 4%, soit tout de même une tendance de 56 licenciements sur l'exercice 2007-2008 pour un effectif d'environ 1250 personnes.
Du reste, ce taux de départs serait conforme aux objectifs internes du groupe, Steve Ballmer ayant publiquement déclaré qu'une bonne politique sociale nécessitait de renouveler entre 7% et 8% des effectifs chaque année. Or, les 5 000 licenciements prévus vont s'étaler sur dix-huit mois. Si bien que sur douze mois, ce n'est que 3,7% de l'effectif qui devra quitter l'entreprise. On retombe donc sur les ratios en vigueur dans le groupe.
Seulement 2 000 à 3 000 postes ne seront pas renouvelés
Mieux, une partie de cet effectif sera remplacée, Steve Ballmer ayant indiqué que Microsoft continuerait d'embaucher sur les secteurs porteurs (notamment MSN, le Cloud Computing, les services, les produits grand public...). Au final, selon les chiffres divulgués par le PDG de Microsoft dans une lettre aux salariés, seulement 2 000 à 3 000 postes ne devraient pas être renouvelés au cours des dix-huit prochain mois. Les licenciements annoncés relèvent donc plus d'un gel partiel des embauches que d'une coupe dans les effectifs.
De fait, une réelle réduction d'effectifs paraît difficile à concevoir pour un groupe qui continue malgré tout à faire de la croissance (+ 2% sur le dernier trimestre). La question se pose encore plus crûment pour la filiale française qui a atteint les 15% de croissance sur le premier semestre fiscal (juillet-décembre 2008) et qui peine à recruter, notamment dans les services. Une réalité sont la maison mère a semble-t-il tenu compte dans sa première vague de 1 400 licenciements : la France ne déplore pour l'instant qu'un seul licenciement.
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